vendredi 21 avril 2017

Conner Youngblood Feat. Nylo - Everyday (Counter Records)

Conner Youngblood Feat. Nylo - Everyday (Counter Records)

L'auteur compositeur basé à Nashville Conner Youngblood nous présente via Counter Records (label affilié au géant Ninja Tune) son nouveau titre baptisé "Everyday". Le chanteur multi-instrumentiste texan, largement influencé par les univers d'Elliot Smith, Gorillaz, Sufjan Stevens et Bon Iver, collabore ici avec la jeune chanteuse R&B Nylo, ensemble ils élaborent une chanson d'amour radieuse à la fraicheur touchante et accrocheuse. Cette dernière est habitée des voix éthérées et suaves de nos deux protagonistes, survolant une production R&B-pop-folk gracieuse et sophistiquée, rythmée par les vibrations tranchantes et poignantes d'une marche militaire lente et pacifiste, que l'on pouvait déjà apprécier sur "Australia", livré deux ans plus tôt. Le contraste entre les vocaux et l'instrumentation est saisissant et très efficace! Les arrangements de cordes soigneusement orchestrés et interprétés par Conner (charango, ukulélé à 6 et à 4 cordes, piano...) sont tout simplement magiques et rappellent les sonorités world d'un certain Paul Simon.


Goldfrapp – Silver Eye (Mute Records)

Goldfrapp – Silver Eye (Mute Records)

Alison Glodfrapp et Will Gregory nous reviennent après 4 années d'absence avec un septième opus baptisé Silver Eye, à paraître chez Mute Records. Le duo qu'ils forment depuis leur premier Felt Mountain sorti en 1999, a toujours œuvré au feeling, bifurquant et changeant de directions à chaque nouvelle étape.
Si les ambiances folk ont souvent habité ses titres comme dans le précédent Tales Of Us publié en 2013, Goldfrapp a régulièrement flirté avec la musique électronique. Il en est de nouveau question dans cet objet electro-pop glaçant, aux tonalités sombres, aux sonorités froides et métalliques, comme si les 10 plages de Silver Eye reprenaient là où c'étaient arrêtés Black Cherry en 2003 et Supernature en 2005.
Les instrumentations y sont pour moitié planantes, vaporeuses et lunaires, combinant habilement comme dans "Tigerman", "Faux Suede Drifter", "Zodiac Black" ou "Beast That Never Was", atmosphères ambient et reflets space disco. Ailleurs, les rythmiques y sont plus dansantes et les accents plus acidulés. En effet, les morceaux "Anymore", "Systemagic" ou "Ocean" se font plus urgents, bouillonnants et incantatoires.

Le disque fourmille d’images mystiques et dramatiques de la nature, de visions désolées mais aussi intenses, contemplatives et mystérieuses hantées de personnages fantastiques comme l'homme qui se métamorphose en bête grimpant les collines éclairées par une lune argentée dans "Tigerman" ou les montagnes dotées d'yeux dans "Everything Is Never Enough"...
Bref, une vision mystique et perchée, portée par la voix suave et sensuelle de la sulfureuse Alison, évoluant à grands renforts d'effets sur les productions léchées de Will. En studio et au mixage, le tandem s'est entouré de nouveaux visages, tous plus prestigieux les uns que les autres: le producteur américain John Congleton (Nelly Furtado, Clap Your Hand Say Yeah et Papier Tigre), le compositeur britannique Bobby Krlic alias The Haxan Cloak (Bjork) et de son compatriote Leo Abrahams (Brian Eno, Jarvis Coker, John Hopkins, Paul Simon).

 

jeudi 20 avril 2017

Zepherin Saint - One Sound (Tribe UK)

Zepherin Saint - One Sound (Tribe UK)

Voici le types de sonorités fédératrices et galvanisantes que nous apprécions tout particulièrement en ces temps de morosité et d'incertitude !
Le producteur anglais Zépherin Saint, co-fondateur du label Tribe UK, nous présente son nouveau titre "One Sound", une petite merveille deep-house arborant avec élégance des accents afro et quelques notes jazzy des plus contagieuses. Tribe UK fait figure de pionnier sur la scène afro house avec à son actif plus d'une centaine de publications dont plusieurs sont considérées comme des classiques du genre. "One Sound" est bien parti pour trôner lui aussi parmi les moment afro deep les plus enthousiasmants du moment.
On y retrouve la voix hypnotique du chanteur malien Adama, déjà présent dans l'EP Canima sorti en 2015, mais la production de Zépherin est cette fois-ci nettement plus raffinée et élaborée. Sa ligne de basse hypnotique s'immisce dans une rythmique 4/4 entraînante enrichie de touches cuivrées aux arrangements jazzy, tandis que quelques percussions traditionnelles aux reflets métalliques et des accords de clavier délicats habillent un jeu subtil de marimba.

Penfield - Parallaxi5

Penfield - Parallaxi5 

La formation jazz-prog helvétique nommée Penfield (du nom de ce fameux 'orgue à humeur' décrit dans le roman de Phillip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, adapté au cinema par Ridley Scott dans son mythique Blade Runner) nous présentait le 30 Septembre 2016 son dernier opus baptisé Parallaxi5.
Composé de 8 morceaux flirtant avec le jazz, l'électro et le post-rock, ce disque audacieux, expressif et psychédélique s'inscrit dans la filiation de la période 70's de Roger Waters et de son british Pink Floyd, élaborant la bande-son éclectique d’un long métrage imaginaire, orchestré par les claviers omniprésents (Moog et Rhodes) de Thierry Scherer alias Zed, les solos jazz enthousiasmants du saxophoniste et leader Michael Borcard et le lyrisme accrocheur du guitariste Théo Kummer. Bien sûr, tout ces talents ne sauraient pleinement s'exprimer sans le soutien d'une assise rythmique au groove incandescent, menée par le batteur Mathieu Hay et la bassiste Julien Michel.

La musique qui ressort de ce laboratoire d'expérimentations aux sonorités analogiques vintage est clairement narrative. Modelée par la spontanéité, la virtuosité, la complicité et le savoir lâcher-prise du quintet genevois, elle suscite en nous des images sur lesquelles viennent se caller nos humeurs changeantes, épousant tantôt des ambiances reggae-jazz mélancoliques ("Les Sentiers Goudronnés") et electro-rock vigoureuses ("L'Anonyme"), tantôt des atmosphères jazz-rock sophistiquées ("La Physique Anarchique"), trip-hop ("Hapax 34 002"), space rock ("[Hapax] Rosen") et hip-hop jazzy ("Fashionned Wonderland") avec le concours de MC Xela.

L’aspect visuel est donc une composante essentielle du groupe qui interagit sur scène avec un VJ, histoire de proposer un voyage cosmique des plus immersifs et hypnotiques.
Outre les plages instrumentales inventives et vibrantes qui sans cesse nous font parcourir près de 40 ans d'histoire musicale, il se dégagent de Parallaxi5 un goût particulier pour le verbe et la langue de Molière. Des textes parlés, saisissants et captivants, interprétés par Walter Gallay et Capt. Etc., animent ainsi une oeuvre décalée, attachante et finalement contagieuse!

mercredi 19 avril 2017

4 To The Floor presents Movin’ Records (4 To The Floor)

4 To The Floor presents Movin’ Records (4 To The Floor)

Figure emblématique de la house music new-yorkaise dans les années 80/90, patron d'un magasin de disques et du très respectable label Movin'Records, Abigail Adams a su définir et restituer comme personne le son vibrant et unique du New-Jersey, état des U.S. qui accouchera de quelques pionniers de la scène club tels que Kerri Chandler et Blaze.

Dés son ouverture en 1980, se sont côtoyés dans les rayons de sa petite entreprise basée à East Orange le gratin de la nuit, dont les précurseurs Larry Levan, Timmy Regisford, Danny Krivit ou encore Tony Humphries... Autant d'acteurs majeurs qu'Abigail se devait de fournir en vinyle frais, c'est donc tout naturellement qu'il créera sa propre maison de disques à partir de 1987, pressant des pépites passées à la postérité.

Defected Records est allé nous dénicher ces perles classiques oubliées et nous les présente via son célèbre sous-label 4 To The Floor dans une nouvelle compilation intitulée 4 To The Floor presents Movin’ Records. Sélectionnés par l'incontournable Luke Solomon, les titres de Phase II, 3 A.M., Kamar et Cassio The Cassmaster figurent parmi ceux de Vicky Martin, Jasmine, Boyd Jarvis ou Key Choice... Tous ont passé avec succès l'épreuve du temps affichant une fraîcheur qui fait malheureusement défaut à certaines productions actuelles !



DJ Marky: Influences Vol. 2 (BBE Records)

DJ Marky: Influences Vol. 2 (BBE Records)

Le jeune Dj/producteur originaire de Sao Paulo, Marco Antonio Silva alias DJ Marky, est depuis ses débuts en 1992 reconnu comme l'un des meilleurs artisans d'une drum & bass exigeante et sophistiquée.
Il nous présente via l'excellent label BBE Records le second volet de DJ Marky: Influences, cycle de compilations regroupant une selection de titres emblématiques, caractéristiques d'une large culture musicale habitée de perles classiques extraites de l'âge d'or des scènes disco ("Got To Have Your Love" de Clyde Alexander & Sanction), soul ("Last Night Change It All (I Really Had A Ball)" d'Esther Williams), D&B bien sûr ("Meant Love" d'Influx Datum et "Find Me" de Skanna), mais aussi house ("Rotation" de Dave Angel et "Dream Come True (Joey Negro Reality)" de Brand New Heavies) et jazz ("Jungle Kitten" de Manfredo Fest).


Quelques accents tropicaux pimentent évidemment certains passages de ce beau recueil, comme dans "Karate Samba" de Lars Bartkuhn ou "Ma Foom Bey" de Cultural Vibe, histoire de faire un clin d'œil à ses racines afro-brésiliennes.

Certains se plaisent à dire que Dj Marky est le Gilles Peterson du continent sud-américain et il est vrai que cela se vérifie ici, tant son éclectisme et son enthousiasme sont mis à contribution !




Coldcut x On-U Sound - Outside The Echos Chamber (Ahead Of Our Time)

Coldcut x On-U Sound - Outside The Echos Chamber (Ahead Of Our Time)

En musique, la différence entre être un simple pionnier et une véritable légende, c'est sa capacité à toujours aller de l'avant en cherchant de nouvelles frontières à franchir ou de nouvelles barrières à briser, sans jamais se répéter ou céder aux sirènes du mainstream... Son goût pour l'innovation et la prise de risque ne doit avoir d'égal que sa connaissance et son respect profond pour les classiques qui ont forgés sa culture.
Les immenses Jon More et Matt Black alias Coldcut, tous deux pères fondateurs du mythique label Ninja Tune (Letherette, The Cinematic Orchestra, Sarathy Korwar, Jay Daniel ou encore Mr Scruff, ...) se sont alliés à une autre figure emblématique du son anglais depuis les années 80, Adrian Sherwood, agitateur de curiosité et patriarche de On-U Sound, maison de disques indépendante, activiste dans les milieux reggae, dub, electronica et expérimental.

Cette rencontre au sommet entre ces deux mastodontes se décline en 10 titres racés et brillants (avec en supplément les versions dub de 6 d'entre eux). Coldcut, le précurseur du breakbeat et de l'ambient avec son esthétique hip-hop matinée de grooves proto-acid house, voit en Adrian un véritable mentor à l'empreinte musicale indélébile, cette influence est d'ailleurs plus que notable dans l'album. Outside The Echos Chamber est en effet un reflet éclatant de cette filiation, en plus
d'être un appel militant au melting-pot musical britannique. Enregistré entre Londres, Ramsgate, la Jamaïque et Los Angeles, il rassemble dans une fusion reggae rafraichissante aux sonorités électroniques, hip-hop, dancehall, dub et world, une pléiade d'artistes proches des deux partis en présence. S'y expriment les pointures Roots Manuva, Junior Reid, Ce'Cile, Lee Scratch Perry et Toddla T ainsi que les musiciens Skip McDonald et Doug Wimbish, tous deux membres de Littles Axe, groupe de session qui accompagna jadis les artistes rap du Sugarhill Records.

L'opus paraîtra le 17 Mai prochain sur Ahead of Our Time, tout premier label de Coldcut réactivé il y a peu avec la sortie de son EP Only Heaven.

mardi 18 avril 2017

Claptone - The Drums (Din Daa Daa) feat. George Kranz

Claptone - The Drums (Din Daa Daa) feat. George Kranz 


Le producteur masqué Claptone nous hypnotisait en 2015 avec son premier long format Charmer paru chez Different Recordings et distribué par Pias. Remarqué avant cela pour ses remixes fédérateurs, je pense notamment à "Liquid Spirit" de Gregory Porter et "Omen" de Disclosure, il a su depuis s'imposer comme une signature incontournable de la scène house avec des mixes sophistiqués derrière les platines des plus prestigieux clubs et festivals du monde. Instigateur du désormais célèbre concept de soirées déguisées baptisé The Masquerade - idée qu'il a fort bien su exporter de New York à Barcelone en passant par Berlin et Ibiza - l'allemand nous revenait à point le 15 Mars dernier pour le Miami Music Week (MMW) avec un nouveau titre ou plutôt une nouvelle bombe taillée pour le dancefloor estival, intitulée "The Drums". Le morceau utilise des samples du hit original "Din Daa Daa" de George Kranz sorti en 1984. Claptone s'inspire du creuset post-punk de la fin des années 80 à New-York faisant notamment référence à ce percussionniste et chanteur emblématique et pionnier de la dance music. Il y mélange ainsi de façon habile et diablement efficace ces sonorités accrocheuses datant d'il y a 30 ans, à l'exigence et à la puissance d'un groove plus contemporain, désiré par un public assoiffé de beats toujours plus lourds et de lignes de basse sans cesse plus entêtantes.
La magie Claptone opère à nouveau et ses effets ne sont pas prêts de se dissiper, d'autant plus que l'artiste infatigable vient tout juste de terminer un remix club captivant du titre "We Got The Power Feat. Jehnny Beth" de Gorillaz!

vendredi 14 avril 2017

Moonchild - Cure (Single)(Tru Thoughts)

Moonchild - Cure (Single)(Tru Thoughts)

Tru Thoughts nous présente aujourd'hui une nouvelle perle néo-soul intitulée "Cure" du trio basé à Los Angeles, Moonchild. Cette dernière est extraite de son 3ième album baptisé Voyager, prévu pour le 26 Mai prochain. On y retrouve la voix absolument enivrante de la chanteuse Amber Navran survolant l'orchestration moelleuse et sensuelle de Max Bryk et Andris Mattson, habitée d'accords de claviers vaporeux et de guitares délicates, d'une ligne de basse au groove racoleur et d'une rythmique langoureuse nous invitant à s'allonger. Les versions "instrumental" et "A Cappella" nous permettrons de jauger la qualité de production, ainsi que la finesse d'un chant ensorceleur.





Benji Candelario Feat. Lisa Shaw - You Got Me (Defected)

Benji Candelario Feat. Lisa Shaw - You Got Me (Defected)

L'un des piliers du clubbing new-yorkais depuis près de 20 ans, Benji Candelario - qui nous régalait en Novembre dernier avec le "Thump Mix" de son "Higher" élaboré en collaboration avec l'immense Arnold Jarvis et Nina Lares - nous propose à nouveau de se frotter à sa signature soulful avec une nouvelle pépite house taillée pour la saison estivale qui avance à grands pas, il s'agit de "You Got Me", avec en invitée de marque la diva canadienne Lisa Shaw. Sa voix sensuelle capte l'attention d'un dancefloor soulevé par une production punchy somptueuse et intemporelle. Le producteur nous propose deux versions de son titre: "Groove Rendition" est plutôt diurne et pensée pour animer les heures du jour où la lumière est encore au zénith, tandis que "Late Night Strut" s'adresse davantage aux oiseaux de nuit. Une réussite qui tournera surement à Ibiza, en Croatie ou dans les festivals électro de cet été!

Dem Juju Poets - Liberated Thoughts (Matasuna Records/Kudos Distribution)

Dem Juju Poets - Liberated Thoughts (Matasuna Records/Kudos Distribution)

L'excellent David Hanke alias Renegades of Jazz (que nous découvrions en Décembre 2014 lors de la sortie de Paradise Lost chez Agogo Records) nous présente Liberated Thoughts, premier LP de son nouveau projet baptisé Dem Juju Poets, nouvelle incarnation dédiée aux sonorités afro-groove, que le DJ/producteur allemand annonçait dès 2016 avec la sortie des singles "Woodoo Jazz" et "People's Republic". Tirant son influence majeure des musiques d'Afrique Australe et d'Afrique de l'Est des années 70, il combine cet esprit roots effervescent à des rythmiques modernes bodybuildées et à des instrumentations funk punchy aux reflets cuivrés, largement orientées club. Des titres musclés comme l'ouverture "At The Jubilee Gardens", le premier single "Barbara" ou encore le terrible "Stonedown, Shakedown" sont en effet de véritables petites bombes sonores, gavées d'élan festifs et dansants, plongeant l'auditeur dans la moiteur d'un groove incandescent, inspiré de la black music nord-américaine, mais aussi porté par les percussions et chants traditionnels soutenus par un beat électronique fédérateur.
Ayant élaboré son disque uniquement à base de samples, David réalise une vrai prouesse en y faisant passer une énergie et une chaleur renversante, comme si son Liberated Thoughts avait été capté en live lors de sessions d'enregistrement one-shot par des formations du cru!

jeudi 13 avril 2017

Big Junior - Osiris (Little Lions Records/Musicast)

Big Junior - Osiris (Little Lions Records/Musicast)

Le quartet lyonnais Big Junior nous revient en force avec un second EP détonnant baptisé Osiris. Il succède à son premier Snii, projet autoproduit paru en Février 2016, où la formation posait les bases de son univers musical bariolé, un brin fluo et assurément punchy!
A leur début, Matthieu, Adrien, Johan et Richard ne voulaient rien faire comme les autres et surtout ne pas être rangés dans un carcan, ils ont donc créé leur propre style : la Hip Wave, une contraction habile rassemblant toutes leurs influences, allant du rock à l'électro en passant par le rap français et le hip-hop US. Dans un souci de fédérer au maximum son public, Big Junior a opter pour davantage d'homogénéité, choisissant dans ce nouvel effort de s'orienter vers des sonorités plus pop, avec comme fil conducteur un message positif de fraternité et une invitation manifeste à la danse et au lâcher-prise. Composé de 4 titres festifs bourrés de peps et de fraîcheur, Osiris (dont le son de situe quelque part entre Hot Chip et M83) impose ses mélodies entêtantes solidement armées de rythmiques percussives et avance paisiblement les pions du groupe vers une reconnaissance qui ne saurait trop tarder!

 
 

mercredi 12 avril 2017

Tha Trickaz - Cloud City (Otodayo)

Tha Trickaz - Cloud City (Otodayo)

Tha Trickaz, milite sur la scène trap depuis déjà plus de 10 ans, il nous offre gracieusement un troisième opus de 12 titres barrés, baptisé Cloud City. Ce dernier nous est proposé via son propre label Otodayo, plateforme collective reposant sur le principe du partage et de la gratuité. Six ans après Cloud Adventure, les français Pho et Dj iRaize remettent le couvert en imposant à nouveau leur griffe electro bourrée d'accents fulgurants bass music et hip-hop futuriste, imprégnée effluves asiatiques et orientales, rehaussée d'orchestrations épiques et d'expérimentations rythmiques (futur beats) bourrées d'énergie. Enregistrant près de 250 dates dans le monde lors des 5 dernières années, le duo masqué a rempilé pour une nouvelle tournée internationale débutée en Décembre dernier.

Lucille Crew - Respect The Dawn

Lucille Crew - Respect The Dawn

Le collectif basé à Tel Aviv Lucille Crew nous revient avec un nouvel EP baptisé Respect The Dawn, introduit par deux singles emblématiques d'une mixité musicale singulière, affirmée et atypique. Remarquée en 2014 grâce à son premier opus Lucille, la formation comptant plus d'une dizaine de membres impose une présence détonante sur scène. Mené par le producteur Izzy et le batteur Yossi Adi, tous deux épaulés par Joel Covington alias MC Rebel SunLucille Crew est animé par un groove urbain chaud et accrocheurmêlant habilement sonorités hip-hop, funk, soul et bass music, le tout enrichi de cuivres énergiques, de lignes de basse assassines et de riffs de guitare rock. Outre le flow racé du pieux rappeur natif de Baltimore, on remarque la voix soul de la chanteuse versatile Gal de Paz, dont le timbre se situe quelque part entre la française Jain et l'anglaise Harleighblu, elle donne un relief particulier au premier single "Something" et à sa prod implacable.
L'EP annonce d'entrée la couleur avec l'urgent "Made in Here" et ses reflets trap/grime, tandis que "Make Room" et le sombre "Mad Man" lui emboitent le pas, ce dernier affichant clairement des accents krump marqués par les interventions punchy de la section cuivre. Le second single "I Got It" prend les 4 autres titres de Respect The Dawn à contre pied, présentant une ambiance hip-hop bien plus radieuse, optimiste et légère. La basse et la guitare se font plus funky, les voix sont plus apaisées et suaves... Bref, un son envoutant et moins incisif.

mardi 11 avril 2017

Christophe Wallemme - Ôm Project (Bonsaï Music/Sony)

Christophe Wallemme - Ôm Project (Bonsaï Music/Sony)

Le bassiste parisien Christophe Wallemme a rassemblé, dans son dernier opus baptisé Ôm Project, le gratin du jazz hexagonal voire européen!
En effet, aux côtés de l'emblématique guitariste Manu Codjia se côtoit un casting de haut vol animé par le pianiste néerlandais Diederick Wissels (piano et Fender Rhodes), le percussionniste Prabhu Édouard (tablas), le batteur Pierre Alain Tocanier, le saxophoniste Émile Parisien (soprano, ténor), la chanteuse Isabel Sorling et le magicien trompettiste Ibrahim Maalouf.

Avec autant d'énergies, de parcours et d'horizons différents, l'album ne pouvait qu'être surprenant, hétéroclite et d'une grande élégance. Aventurier infatigable aux multiples facettes, Christophe a voulu, à travers 10 compositions et une reprise d'Elliott Smith ("Between The Bars"), se replonger dans les sonorités jazz et rock des années 70 qu'il affectionne tant et qui ont imprégnées un répertoire musical déjà largement marqué, dès son enfance, par des séjours prolongés au Liban et surtout en Inde. C'est précisément cette destination qui teintera profondément sa musique, on se souvient d'ailleurs de son disque, Namaste, paru en 2006 chez Bee Jazz.

Co-fondateur du trio Prysm avec Pierre de Bethmann et Benjamin Henocq, où il élabore un language autour des rythmes asymétriques, il participe également aux formations et aux albums de Jean-Pierre Como, Louis Winsberg, Sylvain Beuf ou Daniel Mille. La mixité des genres a donc toujours été présente dans son écriture et son jeu, peu étonnant que ce dernier Ôm Project en soit un nouveau reflet!
Alternant les ambiances jazz fusion qui nous rappellent ici celles de John Scofield (avec le bluesy "Back To My Ôm") ou de Weather Report ("Charly") et là celles de Miles Davis ("Rock My Home"), Christophe et sa formation prennent aussi le temps de faire quelques pauses, développant un jazz plus doux et atmosphérique, où les températures nordiques mettent en valeur le timbre vibrant et hypnotique de la sirène folk suédoise, Isabel Sorling ("Kaya" ou "Epic Love").
Dans "Le Temps Présent" et "Un Rêve de Cochin", deux autres de ces temps calmes voluptueux où brille Diederick, s'exprime avec une grâce touchante un jazz smooth, acoustique et radieux qui tranche avec "Ma Kali", "Opus 5" et "Flashback" où résonnent les décharges saturées de la guitare de Codjia. Le groove puissant et massif de Wallemme y occupe une place centrale, ses lignes de basse indéboulonnables répartissent les rôles de chacun, s'appuyant sur la précision millimétrée de Pierre Alain et Prabhu (aux tablas), pour laisser virevolter les notes incisives des saxophones.

L'album est conçu comme un voyage, un périple faisant flotter l'auditeur aussi bien dans le temps que dans l'espace, l'invitant à gouter ses saveurs world aux reflets indiens, orientaux et parfois même klezmer.

« La difficulté a été pour moi de composer en tenant compte de toutes mes inspirations, sans tomber dans un patchwork de style »... Mission réussie.



 

lundi 10 avril 2017

Chinese Man - Shikantaza (Chinese Man Records) Zé Matéo/High Ku) et d'un beatmaker (Sly)

Chinese Man - Shikantaza (Chinese Man Records)

Paru le 03 Février dernier, Shikantaza est le nouvel opus du collectif aixois Chinese Man, il succède à Journey publié il ya 2 ans, en collaboration avec le rappeur sud-africain Tumi. Ses membres historiques, les DJs turntablist Zé Matéo, High Ku et le beatmaker Sly (également fondateur du label Chinese Man Records), y reprennent à travers 16 titres hybrides au groove fédérateur, les sonorités hip-hop old school, reggae/dub et 70's de leurs débuts, mais cette fois-ci poussent plus avant leurs aventures sonores en Asie et notamment en Inde. Passés maîtres en découpage d'échantillons improbables et en construction de rythmiques incisives, ils élaborent des mélodies toujours plus accrocheuses voire hypnotiques, largement colorées de notes world. Les voix soul et sensuelles des chanteuses Kendra Morris et Mariama sont accompagnées du flow saisissant d'une pléiade de MCs de haut vol, comme celui de Taïwan MC ou de Dillon Cooper, en passant par A-F-R-O, ASM, R.A. The Rugged Man et Youthstar. Cette conjonction de talents ne peut qu'étoffer l'univers electro singulier et positif d'un Chinese Man arrivé à maturité qui, loin d'"être assis sans rien faire" (comme l'évoque le titre japonais du disque traduit en français), est devenu en plus de 10 ans d'existence une véritable institution dans le paysage hip-hop hexagonale et même au-delà, avec un rayonnement international grandissant.

vendredi 7 avril 2017

Vitalic - Voyager (Citizen Records/Caroline International)

Vitalic - Voyager (Citizen Records/Caroline International)

Un seul coup d'œil à la pochette rétro-futuriste de Voyager suffit à nous renseigner sur l'univers sonore qu'a voulu y élaborer Pascal Arbez-Nicolas alias Vitalic, s'efforçant comme à chaque nouvel effort depuis son début fulgurant en 2001 avec l'EP Poney, de repousser les limites d'un genre musical pourtant déjà bien éprouvé, souvent décrié, mésestimé et malaimé.
Après une petite traversée du désert et quelques déconvenues avec son précédent Rave Age, paraissait le 20 Janvier dernier sur son propre label Citizen Records (Lady B, Teenage Bad Girl, Arnaud Rebotini, John Lord Fonda, Sad Mafioso, Juan Trip, The Micronauts, ...) ce quatrième opus, que l'intéressé considère comme le plus disco de sa carrière.
Véritable poids lourd de l'industrie du disque, actif depuis une bonne quinzaine d'années sur la scène électronique française, Vitalic a pris deux ans pour faire murir ce dernier projet et sa patience aura été payante, puisque qu'il accouche de 10 titres réussis, transpirant la musique électronique des années 70 et la disco cosmique de la décennie suivante. Moroder, Carpenter et Cerrone nous viennent forcément à l'esprit, puis les suivent de très près ceux, plus récents, de la team de l'écurie américaine Italian Do It Better, je pense notamment à Chromatics ou Glass Candy.
Des noms comme
L'odyssée spatiale de Pascal, largement dominée par des synthétiseurs analogiques mis au pas sur des rythmiques dansantes, allie adroitement les sonorités vintage italo-disco à une synth-pop musclée plus actuelle. Et quand les voix entêtantes de David Shaw And The Beat, Miss Kittin, Mark Kerr, Tristan Stanburry et Benna MacQuarrie se font entendre, alors la recette s'ajuste à merveille, équilibrant idéalement les trois points forts de l'artiste: son grain de folie, son goût pour les mélodies accrocheuses et ses visées sur le dancefloor.


Natascha Rogers - Your Face (Inouïe Distribution)

Natascha Rogers - Your Face (Inouïe Distribution)

La jeune chanteuse et percussionniste néerlando-américaine Natascha Rogers nous présente via Inouïe Distribution son second opus acoustique aux accents world, intitulé Your Face. Habité de sonorités afro-cubaines agilement raffinées par un goût marqué pour les cultures jazz et pop, le disque se compose de 13 titres envoutants aux ambiances intimistes et accrocheuses, où flirtent tendrement l'Amérique latine et les Caraïbes avec l'Europe et l'Afrique. Basée en France, Natascha est d'origine hollandaise et amérindienne, sa voix gracieuse est pourtant enracinée dans un ailleurs plus proche des traditions cubaines et mandingues, "cela montre [comme elle le dit si bien] que l'on est pas toujours d'où l'on vient"!
Ses passions pour les percussions à peaux, ses voyages et ses rencontres l'ont poussé à élaborer une vision singulière et authentique de la world music, se forgeant ainsi un univers captivant, riche et sophistiqué, dominé par les saveurs boisées des guitares, contrebasses, batas, congas et autres bongos. Interprétant ses textes en français, anglais, espagnol et même yoruba, cette véritable "Citoyenne du monde" aborde des thèmes qui lui tiennent particulièrement à cœur et qui résonnent d'une façon toute particulière au regard de sa propre vie: l'identité, l'amour et le quotidien, dans ce qu'il a d'anecdotique et finalement de plus beau.
Cette aventure transatlantique n'aurait eu pas la même force si Natascha n'avait pas su s'entourer d'une équipe de musiciens solides et généreux, Anthony Jambon à la guitare, Swaeli Mbappe à la basse et Lucas St Cricq aux saxophones...
Une très belle découverte!



jeudi 6 avril 2017

Filastine & Nova - Drapetomania (Jarring Effects)

Filastine & Nova - Drapetomania  (Jarring Effects)


Basé à Barcelone, Grey Filastine est un compositeur et réalisateur américain, pour son 4° effort long format il s'associe à Nova Ruth, chanteuse et designer indonésienne avec qui il avait déjà collaboré par le passé. Ensemble ils forment un duo électro-world singulier et engagé, à l'univers sonore hybride, largement enrichi par son pendant scénographique et visuel parlant. Leur premier opus commun s'intitule Drapetomania et paraîtra le 28 Avril prochain chez Jarring Effects. Il a été enregistré dans une dizaine de lieux différents, du désert saharien à Brooklyn en passant par Seattle, Lyon, Jakarta et Berlin. Employant les codes de la bass music, Filastine & Nova élabore des mélodies audacieuses et inspirées, mêlant des rythmiques électroniques  trap/footwork/juke/dubstep aux chants folkloriques d'Asie et du Moyen Orient, les percussions, cordes et flûtes traditionnelles à des nappes de synthés accrocheuses et enivrantes. Le passé hip-hop de Nova avec Twin Sista et celui de Grey au sein de l'Infernal Noise Brigade (fanfare percussionniste militante) ne peuvent pas être reniés, ils constituent une base solide sur laquelle le groupe vient greffer un tas de sonorités glanées dans leur culture respective mais aussi dans tous les endroits qu'ils ont visité.

Drapetomania illustre le concept de «dromomanie» ou «folie du fugueur» (besoin impérieux de courir ou de marcher) en dénonçant «l’aliénation par le travail, le non-respect de l’être humain et cette fuite constante des peuples». Les visées politiques du projet n'entament en rien ses qualités fédératrices, sa musique s'adresse et parle au plus grand nombre, peu importe sa langue, sa culture ou son 'rang' dans la société.

mercredi 5 avril 2017

Dino Spiluttini - To Be A Beast (Cut Surface)

Dino Spiluttini - To Be A Beast (Cut Surface)

Le musicien basé à Vienne Dino Spiluttini publie sur l'exigeant label autrichien Cut Surface son septième opus baptisé To Be A Beast, un objet sonore introspectif, étrange et sombre, habité de nappes ambient poussiéreuses et corrosives, de soupirs électroniques lancinants gavés d'interférences. Les 12 titres de l'album qui se développent sur 36 secondes pour le plus court, jusqu'à 5 minutes 55 secondes pour le plus long, nous immergent dans l'intimité angoissante et oppressante de l'artiste, ses ambiances crépusculaires lo-fi et bourdonnantes poussées jusqu'à saturation font en effet écho à ses propres doutes et aux pressions nauséabondes d'un quotidien anxiogène. Cependant, elles peuvent aussi faire allusion à quelques rares moments d'espoir et de joie, noyés dans une nostalgie omniprésente, épaisse et pesante.

Soulwax - From Deewee (Pias)

Soulwax - From Deewee (Pias)

C'est en Février 2016 que nous croisions la route des frères Dewaele à l'occasion de la sortie cinéma de Belgica. En effet le duo electro formé par David et Stephen baptisé Soulwax alias 2ManyDjs signait la musique du film réalisé par le belge Felix Van Groeningen, une bande-son habitée de compositions sulfureuses et bien calibrées, où avaient été imaginés plus d'une dizaine de groupes fictifs alliant sonorités techno, punk, rock, avant-garde, blues et funk.
Parallèlement, les frangins flamands étaient dernièrement en tournée avec le fondateur de LCD Soundsystem James Murphy et son fameux Despacio, une des sonorisations les plus impressionnantes et ambitieuses du monde, pour une série de prestations disco old-school uniquement mixées sur vinyles.
Les maîtres du dancefloor reviennent enfin avec un projet plus personnel, le dernier ayant été leur album Nite Versions paru en 2005, il s'agit de From Deewee. Ses 12 titres ont été enregistrés en une seule prise le 07 Février dernier, dans leur studio du même nom situé à Gant. Epaulé par 5 musiciens dont le seul membre historique restant du groupe gantois (hors les Dewaele bien sûr) est le bassiste Stefaan Van Leuven, s'y côtoient 3 batteurs aux tempéraments explosifs, Iggor Cavalera de Sepultura, Victoria Smith qui a œuvré pour M.I.A ou The XX) puis Blake Davies de Turbowolf, ainsi que la claviériste Laima Leyton (Mixhell). Malgré cette profusion de talents et de singularités, Soulwax parvient à orchestrer un disque remarquablement équilibré, au penchant acide et 'métallique'. Un brin nostalgique de l'ère Depeche Mode et Kraftwerk, il flirte souvent avec la synth-pop, mais aussi avec l'IDM, la cold wave, le krautrock et le disco. Sophistiqué, captivant et dansant, From Deewee remet Soulwax à sa juste place, sur un piédestal restauré, qui commençait à s'effriter.

Scarper - Warmer Squares (Plexus Records)

Scarper - Warmer Squares (Plexus Records)

Le producteur basé à Londres Steve Young alias Scarper publie sur le label anglais Plexus Records son premier opus long format baptisé Warmer Squares. Influencé par une pléiade d'artistes aux univers électroniques bien distincts allant d'Aphex Twin à Tangerine Dream, en passant par Mr Scruff, A Guy Called Gerald, Coldcut ou encore Nightmares on Wax, il nous présente un recueil de 11 titres colorés et sophistiqués, habité d'accents pop accrocheurs et parcouru de références un brin nostalgiques aux pionniers de l'electronica allemande comme Kraftwerk et britannique comme LFO, Autechre ou Luke Slater. Décrit comme un 'Jean-Michel Jarre des temps modernes' par BBC 6 Music, Scarper y est l'artisan de mélodies envoutantes et des plages comme "Green Song" ou "One For Alfie" ne me démentiront pas. Les atmosphères UK bass, breakbeat, chill-out, IDM et techno se croisent sans se froisser, quitte à parfois faire le grand écart comme entre "Bleepathon" et ses notes technoïdes, "Endess Fractals" et sa texture ambient, "Jitterbug Acid" et sa rythmique jungle ou encore l'excellent "Fellow Munk" et sa touche abstract R&B. Je retiendrai aussi le morceau "The Drift", particulièrement immersif et captivant grâce à ses nappes enivrantes, sa ligne de basse mordante et son beat deep-house viral.



mardi 4 avril 2017

The Original Sound Of Mali (Mr Bongo)

The Original Sound Of Mali (Mr Bongo)

David "Mr Bongo" Buttle (Dj et patron du mythique label anglais du même nom, créé en 1989) et Vik Sohonie d'Ostinato Records nous présentent une nouvelle sélection de 13 perles maliennes issues des années 70 et 80, période de l'histoire musicale du pays remarquablement fertile, qui nous parvient grâce au bon technologique des techniques d'enregistrement. S'y retrouvent les titres de figures locales emblématiques de l'époque, dont l'immense Salif Keita, le célèbre Idrissa Soumaoro et le pionnier Sory Bamba ou les fameux orchestres Rail Band du Buffet Hôtel de la gare de Bamako et Les Ambassadeurs du Motel de Bamako. Les sonorités d'une Afrique plurielle (Guinée, Congo, Ghana, Nigéria, Maghreb,...) croisaient alors celles des Amériques, fusionnant ainsi la chaleur cubaine ("Fatema") et l'urgence des rythmes afro-américains. Des musiciens virtuoses s'approprièrent ainsi l'expressivité des instruments électrifiés et amplifiés (guitares, basses, claviers), gavée des reflets urbains fédérateurs du funk ("Mouodilo"), du rock et de la soul ("Fama Allah"), sans pour autant renier l'héritage de la tradition orale détenue par les griots depuis l'ancien empire mandingue.

David Enhco - Horizons (NOME/L'Autre Distribution)

David Enhco - Horizons (NOME/L'Autre Distribution)

Initié très tôt à la musique classique et plus tard au jazz notamment grâce à Didier Lockwood, le trompettiste David Enhco nous offre via le label NOME qu'il a fondé en 2014 avec cinq autres musiciens dont le contrebassiste Florent Nisse - d'ailleurs présent dans son quartet - un troisième effort intitulé Horizons. Egalement accompagné du pianiste Roberto Negro et du batteur Gautier Garrigue, qui figuraient déjà au casting de son premier disque La Horde, le jeune jazzman co-directeur de The Amazing Keystone Big Band, présente 11 pièces captivantes composées par les quatre membres de la formation, dont 2 improvisations collectives en guise d'interludes free jazz. La douceur d'écoute se vérifie tout au long de l'album, même lorsque le tempo, globalement lent, s'emballe et que les notes échappent à la tonalité. Malgré le calme et l'ordre apparents, le quartet a le goût du risque, s'autorisant des écarts clairs-obscurs, des bifurcations fulgurantes et des digressions surprenantes qui, toute fois, restent solidaires à un ensemble homogène plongé dans la pénombre... Un disque vibrant et touchant!

vendredi 31 mars 2017

Franky Rizardo - Flow Edits (Defected)

Franky Rizardo - Flow Edits (Defected)

Exclusivement réalisés pour la sortie de sa toute récente compilation chez Defected, Franky Rizardo In The House, les deux Edits que nous présente aujourd'hui le Dj hollandais illustrent la force de frappe et l'excellente lecture du dancefloor d'un jeune artiste électro qui a su s'imposer, en quelques dernières années, comme une référence incontournable de la scène club internationale.
Flow Edits nous propose en premier lieu "Underground Abduction (Franky Rizardo Flow Edit)", soit la réunion du classique aux sonorités deep house "Underground" de Nick Curly et du fameux "Abduction" de l'italien Whitesquare, dont parlions il y a peu lors de la sortie de son EP Reflection sur DFTD. Le titre affiche clairement la signature tech house puissante et massive de Franky, arborant notamment la ligne de basse captivante de Whitesquare.
Dans un second temps, l'EP nous offre "Forward Pleasure (Franky Rizardo Flow Edit)", edit rapprochant "Move Body, Move Farward" de Paolo Rocco et "Profound Pleasure" de Coyu. Explorant l'univers de chacun des morceaux et ne gardant que le meilleur des deux partis, Franky Rizardo brille par sa clairvoyance et son talent à n'en retenir que la substantifique moelle !


jeudi 30 mars 2017

Mondowski - Surfin Hell EP (Relish Recordings)

Mondowski - Surfin Hell EP (Relish Recordings)

De retour sur la plateforme suisse Relish Recordings, le français Mondowski publie Surfin Hell, un EP aux sonorités technoïdes dont le titre éponyme à tendance narcoleptique pourrait être la bande-son du générique d'un film de science fiction des 80, avec sa cadence cosmic -disco, sa ligne de basse profonde, ses riffs de guitare surf rock et ses FXs rétro. C'est à Headman alias Insinna (boss du label) et à la moitié de Scratch Massive, Sébastien Chenut, que le Dj installé à Londres a confié sa production. Dans son "rework", le premier reste fidèle à l'ambiance générale tout en la rendant plus immersive et obsédante, plongeant l'auditeur en état d'apesanteur. Le second propose un "remix" légèrement plus musclé et orienté dance-floor, il se rapproche ainsi des codes et des notes mélancoliques de la new-wave.
Avec son deuxième morceau nommé "Delok", Mondowski change de décor élaborant une atmosphère electronica entrainante, une house progressive envoutante, définitivement taillée pour le club.
L'EP paraîtra le 07 Avril prochain...


Dj Format & Abdominal - Still Hungry (AAF Records)

Dj Format & Abdominal - Still Hungry (AAF Records)

Basé à Brighton, le Dj/beatmaker Matt Ford alias Dj Format nous a habitué depuis son premier album paru en 2003 Music For The Mature B-Boy à ses collaborations avec le MC canadien Andy Bernstein alias Abdominal. Tous deux embarqués par Jurassic 5 dans leur tournée européenne entre 2003 et 2005, ils nourriront une complicité sans faille qui verra naître en 2007 le premier effort du torontois intitulé Escape From The Pigeon Hole. Et c'est justement pour fêter les 10 ans de leur première tournée en Angleterre, que le tandem a décidé de réaliser un projet long format en commun, avec une énergie et des sonorités largement éprouvées lors d'une série de concerts sold-out courant Novembre 2015.
Still Hungry paraîtra chez AAF Records le 28 Avril prochain, il bénéficie du meilleur de ce que ces deux artisans d'un son old-school racé ont apporté depuis plus de 20 ans à la scène hip-hop anglaise et canadienne: à savoir des productions funk savamment ficelées sur des rythmiques endiablées, couplées à un flow propre et posé, scandant des textes riches de sens, dans la veine du pionnier Guru. Il est composé de 11 titres à la signature plus dure et grinçante qu'à l'accoutumé, reflétant peut-être la maturité des deux artistes. A l'affut de vinyles rares jamais samplés et en quête de l'échantillon idéal, Dj Format élabore des breaks bien sentis aux notes soul et jazz, parcourus de scratchs bien dosés. Il n'est pas étonnant de lire que The Tribe Called Quest et Main Source figurent en tête de ses influences majeures, entre autres références incontournables du rap east-coast.


mercredi 29 mars 2017

Gentleman's Dub Club - Dubtopia (Easy Star Records)

Gentleman's Dub Club - Dubtopia (Easy Star Records)

Nous quittions l'emblématique formation reggae/dub Gentleman's Dub Club fin 2015, lorsqu'elle publiait chez Easy Star Records son précédent The Big Smoke. Après une année de tournée et un album de remixes, les neuf anglais originaires de Leeds sont de retour avec un troisième opus ensoleillé, baptisé Dubtopia. Prévu pour inonder à nouveau les charts de ses vibrations positives à partir du 07 Avril 2017 (The Big Smoke s'était placé à la 1ère place du Top reggae ITunes à sa sortie), l'album fédérateur est une véritable invitation à la fête. Les anglais l'ont imaginé comme la célébration d'une vie colorée et joyeuse, emplie de paix et de tolérance. Gentleman's Dub Club prône ainsi une philosophie de partage bien éloignée des affres d'une existence quotidienne polluée par le stress, l'hypocrisie et l'injustice, où règnent grisaille et interdits. Le disque composé de 13 titres reprend les ingrédients qui firent le succès du groupe, notamment sur scène, à savoir la chaleur de ses sonorités et l'énergie qu'il dégage depuis ses débuts en studio avec l'EP Members Only sorti en 2009.
On retrouve parmi le casting habituel une guest list de qualité, avec Taiwan MC qui s'illustre dans le puissant "Take Control"Lady Chann qui embrase "Young Girl", Parly B et Eva Lazarus qui animent le brulant "Fire In The Hole".

Xavier Rudd - Live In The Netherlands (V2 Records)

Xavier Rudd - Live In The Netherlands (V2 Records)

Le chanteur multi-instrumentiste australien Xavier Rudd nous livre via le label basé aux Pays-Bas V2 Records son nouvel album, capté en live à Utrecht lors de sa dernière tournée européenne. Intitulé Live In The Netherlands il sera distribué à partir du 21 Avril Prochain au format double CD ou triple vinyle. Accompagné de ses acolytes, le batteur Charles Wall alias Bobby Alu (également aux percussions/chœurs) et le claviériste Ant Aggs, il y interprète 18 titres engagés aux sonorités empreintes de reggae, de rock, de blues et de world music, largement habités des textures racées de ses instruments de prédilection, le didgiridoo, le stompbox ou encore la guitare hawaïenne. Outre ses chansons les plus appréciées comme "Come Let Go", "Spirit Bird" ou "Follow The Sun" les amateurs de Bob Marley apprécieront sa reprise envoutante de l'intemporel "No Woman No Cry", où piano, guitare Weissenborn et harmonica lui apportent une saveur folk toute particulière... Destinés à l'origine pour un usage personnel, ces enregistrements ont su capturer la magie du spectacle et l'engouement palpable d'un public acquis.

 

mardi 28 mars 2017

Mélé - The Latin Track EP (DFTD)

Mélé - The Latin Track EP (DFTD)

Le Dj/producteur anglais Mélé, largement imprégné par les rythmes brésiliens, le hip-hop et la house music, nous livre pour la première fois via la plateforme DFTD, deux nouveaux titres colorés et fédérateurs à l'énergie dévastatrice, réunis dans un EP baptisé The Latin Track. Dans le titre éponyme, l'artiste originaire de la péninsule de Wirral, explore la puissance des percussions latines et des vocaux bantu dans une invitation flagrante à la fête. "Chi Town", la seconde bombe du release, est un clin d'œil à la house old-school de Chicago, Mélé nous y sert une ligne de basse mordante et hypnotique des plus efficaces sur le dancefloor.




Elida Almeida - Djunta Kudjer EP (Lusafrica)

Elida Almeida - Djunta Kudjer EP (Lusafrica)

Paraissait la semaine dernière, le nouvel EP baptisé Djunta Kudjer de la diva cap-verdienne Elida Almeida, qui se révélait au public deux ans plus tôt avec son sublime Ora Doci, Ora Margos, premier effort touchant et vibrant, qui allait définitivement faire entrer la chanteuse originaire de l'île de Santiago dans le cénacle des jeunes talents de l'archipel, je pense notamment à Ceuzany, Nancy Vieira, Lura ou encore Dino D'Santiago. Lusafrica, éminent label qui accompagna en son temps la grande Cesaria Evora et qui poursuit aujourd'hui la promotion des musiques lusophones (Bonga, Teofilo Chantre,...) mais aussi celles aux sonorités mandingues et afro-caribéennes (Black Bazar, Boubacar Traoré, Pierre Akendengue,...), publiait le 24 Mars dernier les six nouveaux titres d'Elida, toujours arrangés par le précieux Hernani Almeida, dont quatre inédits.
En effet, après les deux singles "Txika" et "Di Me Ku Di Bo" que nous découvrions respectivement en juillet 2016 et en Janvier dernier, nous sont livrés "Forti Dor" une ballade romantique radieuse, "Bersu d'Oru" et son rythmique tabanka endémique à l'île natale de l'artiste, "Era Mentira" et son clin d'œil au batuque, enfin le plus dansant, "Discriminason" servi sur un air de funana.
Une fois de plus, Elida Almeida nous raconte avec tendresse, émotions et maestria un Cap-Vert gorgé de sensualité, de soleil et de passion.

lundi 27 mars 2017

Arto Lindsay - Cuidado Madame (Ponderosa/Pias)

Arto Lindsay - Cuidado Madame (Ponderosa/Pias)

En 2014, le plus brésilien des musiciens américains Arto Lindsay publiait un double disque intitulé Encyclopedia Of Arto: une sélection de 12 titres composés entre 1996 et 2004 était accompagnée d'un live expérimental, enregistré en solo à Berlin en 2011. L'occasion était alors idéale pour découvrir la richesse de la palette sonore d'un artiste singulier, novateur et explorateur, esthète et provocateur, sensuel et séducteur pour son penchant sexy Arto, tumultueux et bouleversant pour son autre facette scary Arto.
Avec son nouveau Cuidado Madame, premier album-studio depuis Salt paru en 2004, Arto nous plonge à nouveau dans son univers bipolaire, ponctué d'un côté d'élans avant-gardistes dévergondés et décadents, habité de l'autre des rythmes afro-brésiliens de Bahia et des mélodies accrocheuses de la pop. Les percussions traditionnelles des cérémonies religieuses du Condomblé (jouées aux atabaques par Gabi Guedes, Jaime Nascimento, Ricardo Braga, Gabi Guedes, Iuri Passos et Icaro Sa) se confrontent ainsi aux bidouillages bruitistes de sa guitare et aux sonorités étincelantes de celles de Patrick Higgins, aux grooves hypnotiques du bassiste Melvin Gibbs, à la versatilité du batteur/beatmaker Kassa Overall et aux ambiances tantôt sombres tantôt radieuses du claviériste Paul Wilson.
Arto juxtapose avec une élégance sans pareille les textures acoustiques et l'électroniques, le rock de Brian Eno, le punk hardcore de John Zorn et le trip-hop de Portishead au tropicalisme de Caetano Veloso et aux ballades sophistiquées d'Antonio Carlos Jobim. Il est capable dans le même disque de nous offrir des compositions barrées, informes, rageuses et amélodiques, à l'instar d'"Arto Vs. Arto" (où il extirpe des sons torturés des entrailles de sa guitare électrique), des chansons touchantes et envoutantes comme "Pele de Perto", "Each to Each" ou 'Seu Pai", voire délicieusement funky, comme "Tangles".
Cuidado Madame est à l'image de son auteur: "la juste synthèse entre musique expérimentale et populaire".